Libre et perdu

J’ai récemment été à une soirée où une poignée d’entrepreneurs avait été invités. J’ai souris en essayant d’estimer la fortune présente au mètre carré. Plusieurs ont fait un ou des exits. Quand on dit avoir plus peur de la fin du monde que de la fin du mois, et bien c’était ça. 🫰

Je ne suis pas un grand amateur de soirées réseautage. D’ailleurs, j’essaie toujours d’arriver en premier parce que c’est bien trop gênant d’arriver en dernier, voir tout le monde nous regarder et ne pas connaître un chat. 😨

Ouep. Le gars introverti n’est jamais bien loin. 🫢

Mais je trouvais l’occasion intéressante, de connaître du nouveau monde qui partage ma réalité. Et mes problèmes.

Mes problèmes? 🤔

Ben voyons Steph: Indépendant et libre de faire ce que tu veux, quand tu veux, où tu veux, avec qui tu veux. Quels problèmes peux-tu bien avoir? Avoir à recoudre tes poches parce qu’elles défoncent constamment avec tout l’argent dedans?

Ouin, non.

Un défi en particulier, que je peux difficilement parler à quelqu’un qui n’est pas dans la même situation: Avoir tout, mais se sentir perdu. 🧭

Pour les fois que j’ai essayé de m’exprimer, même si je faisais attention à mes mots, c’était difficile de ne pas sentir de « Ho boy, tu as des gros problèmes de riches 🤡 ».

Alors j’ai profité de l’occasion pour en parler. Puis surprise, non seulement tout le monde comprenait véritablement, mais en plus, plusieurs avaient passé par ce même cheminement.

Pas pour rien qu’on dit qu’un exit ça se prépare trois ans d’avance. Au-delà des aspects techniques d’une transaction, le vide d’après est un problème pour de nombreux entrepreneurs. Ou athlètes et autres professionnels de haute performance d’ailleurs.

Concrètement, quand on devient libre et indépendants, on profite de la vie, voyages et autres bébelles. Entraînement. Rénos. On change une couple de patentes matérielles. Le gros char. La maison avec deux portes de garage. On en profite pour être avec les enfants.

Mais après un certain temps, l’effet d’extase passe et ça retourne à la normale. 

On a tout, mais il manque de quoi. Il y a comme un vide. On peut faire tout ce qu’on a toujours rêvé de faire, mais on n’est pas capable de décider. Ni même de faire une liste. 

Il manque de direction. De sens. 

En plus, je l’ai déjà dis, à mon âge, mon réseau social proche continue de travailler. Les enfants sont encore à l’école. Alors il faut être capable de s’occuper seul. 😐

On a plus la routine du travail. On a plus ce cercle social qui, même pour quelqu’un qui est bien seul avec soi-même comme moi, agrémente le quotidien. Suffit de ne plus avoir de collègues pour se rendre compte combien c’est important de se sentir dans une gang.

Pas pour rien que plusieurs retraités vont travailler au Tim Hortons où dans le rayon des outils au Home Dépôt. Ce n’est pas pour le salaire, c’est pour voir du monde.

D’ailleurs, c’est prouvé, quelqu’un qui se sent utile et qui a un réseau social enrichissant vivra plus heureux, plus longtemps. 🤗

Alors imagine, ça fait seulement quelques mois que je suis retraité et si je suis pour vivre encore 30-40-50 ans, il faudra que je me trouve une mission plutôt qu’une occupation.

Je me suis donc mis à chercher du pourquoi avant du quoi. D’ailleurs j’ai lu le livre Stop Chasing Squirrels qui est exactement là dessus. 

En gros, pour plusieurs entrepreneurs où professionnels performants, on passe notre vie à la poursuite d’objectifs tels que la liberté (mon cas), l’argent, le pouvoir, la reconnaissance. Mais quand on l’a, la satisfaction ne dure pas alors on continue. On est alors “driven”, motivé par ces aspects.

Être motivé est bien différent d’être guidé.

Être motivé, c’est vouloir prouver à soi ou aux autres, qu’on est capables. C’est en fonction d’objectifs externes ou de bénéfices personnels. Être guidé, c’est avoir un sens de mission plus grand que d’obtenir des bénéfices temporaires et/ou superficiels.

En gros, la motivation pousse à avancer, tandis que la mission trace un chemin clair et durable.

D’un point de vue KPI, la motivation se mesure en argent, en promotions, en temps libres, en reconnaissance (mentions de ses pairs), alors qu’être guidé se mesure par l’impact (nombre de personne que l’on aide), la satisfaction à long terme, le sentiment d’accomplissement, le nombre de personnes que l’on fait adhérer à notre mission. 📊📈

Ainsi, comme je n’avais pas de direction et que je n’étais plus motivé (puisque j’avais atteint mon objectif), et bien la chaloupe flottait et s’en allait partout et nulle part. 🤷‍♂️

Ça m’a pris beaucoup de travail et d’introspection pour trouver une nouvelle direction, quelque chose qui allait me guider pour les prochaines années. 🔜

Et bien que je m’étais toujours dit « Je vais me repartir quelque chose », je me suis vite rendu compte que ça prendrait une meilleure raison que celle qui m’attirait auparavant. Plus de liberté? Plus d’argent? Ça ne changera rien à ma vie. 🤨

Ma gang chez DashThis va sourire, mais j’ai ressorti ma mission des 25 dernières années: Faire des patentes pis aider le monde. 

C’est ça qui m’anime. La techno c’est ma boîte à outils. La planète, mon terrain de jeu. Aider les entrepreneurs, marketeux digital à réussir, à mieux performer, c’est ma mission. Avoir du fun, jouer, créer, inventer, faire différemment. De la business lifestyle pas compliquée. 😎

Et en plus, maintenant j’ai la liberté de prendre le temps de peaufiner mon art. Plus besoin de courir après les ventes pour survivre. De dire oui alors qu’on ne devrait pas. L’impact est plus important que le nombre de clients comme tel. 

Alors voilà, depuis que j’ai clarifié tout ça, j’ai pas mal plus de fun à travailler sur mon nouveau projet. Le concept du lundi matin redouté et du vendredi off qui était apparu dans les dernières années est disparu. Je m’amuse à créer le monde à ma façon.

Bref, on dit que l’argent ne fait pas le bonheur, c’est vrai, bien que c’est l’fun de ne pas en manquer aussi. L’argent c’est un outil pour faire plus et mieux. Ou pour ceux qui ont connu Maslow à l’école, ça semble tout aussi vrai.